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Le romantisme

Introduction

Le romantisme est un courant d’art et de pensée qui traverse l’Allemagne et l’Angleterre, dès la fin du xviiie siècle, puis la France et le reste de l’Europe dans la première moitié du xixe siècle.

1:Le romantisme : historique

A:Origine du mot

Depuis le succès considérable du mouvement, l’adjectif romantique est passé dans la langue courante, et il peut être employé de manière anhistorique, c’est-à-dire indépendamment de considérations chronologiques précises. Ainsi Stendhal voit-il en Shakespeare un romantique avant l’heure. Mais stricto sensu, le romantisme littéraire ne s’applique en France qu’à une période limitée, grosso modo, de la fin de l’Empire à la fin de la Seconde République, dont la chute sonne le glas des espérances de liberté.

B:Les différentes générations

Plus précisément, plusieurs générations peuvent être distinguées. Celle, fort mal nommée, des préromantiques, avec Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre, Mme de Staël, Senancour, Benjamin Constant et Chateaubriand : la sensibilité de leurs œuvres annonce le romantisme. Ensuite viennent les mages romantiques, les grands poètes que sont Lamartine, Hugo, dont l’influence est décisive sur le reste du mouvement. Passé l’enthousiasme des grandes heures, la génération de 1830 semble plus ironique, ou plus désenchantée, illustrée par Musset, Gautier ou Nerval, mais souvent prête à s’engager sur les questions politiques et sociales, comme d’ailleurs Lamartine et Hugo.

2:L'âme romantique

L’âme romantique est toujours inquiète, en mouvement, et ses contradictions mêmes sont le signe d’une quête. C’est d’abord la quête du moi, toujours présente chez ces fils spirituels de Rousseau et de Werther, le héros du poète allemand, Goethe. Souffrant ou exalté, enthousiaste ou mélancolique, solaire ou lunaire, le moi est la constante des auteurs ou des héros romantiques, Lamartine, Hugo, Musset. L’introspection, la méditation, le recueillement et le retour sur soi sont autant de formes de l’égotisme*.

Le moi romantique, en cultivant son individualité, refuse les contraintes, et manifeste par là sa quête de liberté. Il s’oppose ainsi à la société dont les règles pèsent trop lourdement sur ses désirs. Le romantique se sent souvent comme un marginal, un être singulier, élu et maudit à la fois. Sensible et tendre, il est alors plein d’orgueil, de colère ou d’amertume. Telle est en général la figure, ou peut-être la posture, du poète romantique.

Privée de liberté, l’âme romantique part en quête d’un ailleurs. Cette fuite en avant la pousse vers la nature bienveillante, vers des contrées plus exotiques, plus érotiques, plus oniriques, ou fantastiques*, vers les paradis artificiels de l’absinthe ou du haschich, vers l’autre, tout simplement, l’homme ou la femme, vers l’amour ou vers le peuple, vers l’enfer, la folie, vers Dieu, ou le suicide. Mais il est rare qu’elle se fixe jamais, et trouve définitivement sa vocation véritable.

3:Les formes romantiques

A:La poésie

La poésie est l’art romantique par excellence. Le poète est un être d’exception, investi d’une mission céleste, mais comme nul n’est prophète en son pays, il est souvent bien mal reçu. La poésie romantique révolutionne l’esthétique classique en donnant à la subjectivité toute licence, pour explorer tous les domaines de la nature, de l’amour et du rêve. Elle est riche en couleurs, hyperboles*, métaphores*, oxymores, autant de figures de style qui révèlent son âme. Elle s’épanouit en particulier dans l’expression lyrique* et épique*, qui convient bien à son tempérament. Mais elle conserve globalement les formes anciennes, en les assouplissant cependant : plus de liberté pour les rejets et enjambements, et l’alexandrin peut prendre la forme du trimètre romantique.

La première représentation qu’Hugo donne de sa pièce, en 1830, donne lieu à la mémorable bataille d’Hernani : la polémique autour du drame romantique est vive. S’opposant aux règles des unités classiques, le drame romantique se veut plus libre. Et pour échapper enfin aux contraintes de la scène traditionnelle, Musset va même jusqu’à proposer un spectacle dans un fauteuil, qui s’offre plus à l’imagination qu’à la représentation.

B:Le roman

Le romantisme envahit aussi le roman, roman sentimental avec George Sand, roman historique avec Alexandre Dumas, roman social, avec Eugène Sue : l’auteur, quoi qu’il en soit, cherche l’effet et l’émotion. La nouvelle et le conte ne sont pas en reste. C’est le domaine qu’explorent le fantastique* de Gautier, et le romantisme nocturne de Nodier, Pétrus Borel et Aloysus Bertrand. Le romantisme n’a plus guère de limite. Toute la culture de l’époque semble romantique : l’Histoire avec Michelet, la peinture avec Delacroix, la musique avec Chopin, Verdi pour l’opéra.

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